9 novembre 1942 : sans un coup de feu, les GI américains de l’opération Torch débarquent à Mazagan. Récit reconstitué à partir de témoignages inédits d’un épisode oublié du débarquement allié au Maroc : entre soulagement, curiosité et bouleversements du quotidien.
À la fin du mois d’octobre 1942, un corps expéditionnaire américain, composé de 35.000 hommes environ embarqués à bord d’une centaine de navires, partit dans le plus grand secret de différents ports de la côte Est des États-Unis d’Amérique. Il arriva en vue des côtes marocaines à l’aube du 8 novembre 1942. Son objectif : permettre un débarquement de GI (soldats de l’armée américaine) par péniches afin de poursuivre la guerre à partir de l’Afrique du Nord, jusqu’à obtenir une capitulation sans condition des puissances de l’Axe (Allemagne, Italie, Japon). Le président Roosevelt assura la population marocaine du respect de ses institutions et l’invita à reprendre la lutte contre les pays de l’Axe pour recouvrer la liberté. Un contingent de soldats américains arriva effectivement à Mazagan-El Jadida le 9 novembre 1942. La cité était calme, aucun coup de feu ne fut tiré.
En fait, pour El Jadida, il ne s’agit aucunement d’un débarquement à proprement parler. Cette opération a concerné, au Maroc, trois points de la côte atlantique : Mehdia, Fédala et Safi. Faute d’archives faisant état de l’arrivée des Américains à Mazagan, nous avons eu recours à des témoignages oculaires, tant marocains qu’étrangers. Cet épisode local reste d’ailleurs peu connu, comme nous l’a confirmé le Dr Rosemarie M. Esber, membre de l’Institut américain des études maghrébines et de la Légation américaine de Tanger, qui travaille sur la préservation des souvenirs marocains liés à l’opération Torch.
Par Mustapha Jmahri
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