L’architecte Auguste-Ernest Golay (1866-1937), dit aussi Ami Golay, vécut à El Jadida jusqu’à son décès en 1937. Zamane a mené l’enquête pour retrouver la trace de ce grand voyageur qui a apporté sa (petite) pierre à l’édifice commun au Maroc.
L’arrivée d’une petite communauté suisse à El Jadida et sa province date de la fin du XIXème siècle. En majorité ils étaient des commerçants ou agriculteurs, tandis que d’autres s’adonnaient à des activités libérales : médecine ou architecture. Jusqu’à la Première Guerre mondiale, ces Suisses se mettaient sous la protection de puissances européennes notamment de l’Allemagne. Le petit fascicule intitulé «Mon Maroc», publié par l’Ambassade suisse à Rabat en 2021, comprend quelques récits de Suisses ayant vécu au Maroc. Un seul nom concerne une Suissesse d’El Jadida, l’écrivaine Grethe Auer, qui y vivait avec son frère commerçant. Fille d’architecte, elle est retournée chez elle en 1904. Un autre Suisse, architecte de son état, allait atterrir à El Jadida en 1905. Il s’agit d’Auguste-Ernest Golay (1866-1937), dit aussi Ami Golay, qui y resta avec sa sœur, Alice Suzanne Golay, jusqu’à leur décès dans cette ville en 1937. Cet architecte qui a brillé à Genève autour de 1900 a été associé à Johannes Grosset. Tous deux ont construit le pavillon de l’hôtellerie de l’Exposition nationale de 1896, puis le casino-théâtre de 1898. Avec Eugène Cavalli, Golay bâtit enfin la Maison des Paons, une très remarquable maison Art Nouveau en 1902. Dans les sources officielles, on trouve Auguste-Ernest Golay, mais pas de «Ami», sauf pour les autorisations de construire en collaboration avec Grosset et Cavalli. Le nom de famille Golay était relativement répandu sur les cantons de Genève et Vaud. Quant au prénom «Ami», c’est peut-être un diminutif ou un prénom de guerre.
Par Mustapha Jmahri
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