Zoom sur deux emblèmes du savoir-faire marocain, à la fois ancestral et incontestable, mondialement apprécié, mais qui a besoin de reconnaissance et de protection : le caftan et le zellij.
Àdéfaut de sources formelles, les historiens s’accordent à dire que l’introduction du caftan remonte à l’époque almohade. Nous pensons que celle-ci coïncide plutôt avec celle des Mérinides, une dynastie moins rigide et ascétique que ses devancières : les Almoravides et les Almohades. Une chose est sûre, le caftan nous arrive sous l’une de ces dynasties pour se faire une place sans équivalent sous le soleil du Maroc.
En passant par Al-Andalus
Cela dit, l’apport de la culture arabe orientale nous provient en grande partie par le truchement de la Péninsule ibérique, mâtiné dès lors et irrémédiablement par une culture propre à l’Espagne musulmane (al-Andalus). Celle-ci est un véritable laboratoire culturel où s’entremêlent des composantes arabes, juifes, chrétiennes, romano-wisigothiques, amazighes.
Al-Andalus est également le réceptacle de tout type de tissus issus de la route de la soie ; on retrouve dans le souk de ses villes, du lin, de la soie, de la laine, du coton : bref tout ce qui peut entrer dans la confection du caftan et autres vêtements arabo-musulmans. De ce melting-pot vestimentaire sortira une mode mauresque. Et c’est cette dernière que les musulmans fuyant la sévérité fanatique des rois catholiques viendront essaimer en Afrique du nord, notamment à Tétouan et à Fès, pour commencer. Dans le nord du Maroc, au tournant du XVIème siècle, Tétouan est une ville marchande et prospère. Elle recueille en grande partie l’héritage andalou.
Par la rédaction
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