Les cultes anciens du maghreb ont laissé très peu de traces, et Les chercheurs n’ont encore reconstitué que des fragments du puzzle de cette mythologie.
Avant l’avènement des monothéismes, avant l’islamisation au VIIIe siècle, les peuples d’Afrique du Nord ont entretenu leur propre religiosité. Nommés « Libyens » par les Grecs puis les Romains, les Imazighen avaient des croyances autochtones imprégnées de diverses religions voisines. Certains rites ont laissé une empreinte indélébile sur le Maroc. Pourtant, il s’avère difficile de parler d’une « mythologie » berbère comme on parle des mythologies égyptienne, grecque et romaine. Plusieurs facteurs rendent le travail de classification des divinités délicat. D’abord, contrairement aux autres mythologies du bassin méditerranéen, on en a trouvé peu de traces écrites. De fait, la plupart des données ne proviennent pas de fouilles archéologiques locales, mais plutôt d’écrits d’historiens étrangers, comme Hérodote (Ve siècle av. JC) et Pline l’Ancien (Ier siècle ap. JC). Seul Ibn Khaldoun, au XIVe siècle, s’essayera à décrire et comprendre ce qu’il reste des croyances des Amazighs. Contrairement à la langue berbère, qui présente une certaine homogénéité en Afrique du Nord, les pratiques religieuses peuvent différer radicalement d’une région, ou même d’une tribu, à une autre. Cependant on peut distinguer dans les croyances amazighes quelques figures emblématiques communes qui ont laissé des traces sur le patrimoine et les pratiques religieuses au Maroc et dans la région. Par ailleurs, il est difficile d’identifier les divinités originellement amazighes, tant la terre de nos ancêtres était convoitée et constamment occupée. Plusieurs civilisations ont côtoyé les peuples berbères, apportant avec elles leurs croyances, et dans certains cas s’inspirant de celles déjà établies. L’entrelacement des dieux et des rites compliquent donc les recherches sur les croyances autochtones.
Par Sami Lakmahri
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