Entre le bey et le sultan

Abdelhakim El Mezoughi, dit «Tounsi», est-il un «sujet tunisien protégé français» ou un «sujet du sultan du Maroc» ? L’histoire d’une controverse juridique qui a commencé avant l’instauration du Protectorat au Maroc.

Le samedi 21 mai 1932, au soir, un dénommé Abdelhakim dit Tounsi meurt à Marrakech. Pendant que sa veuve prépare ses funérailles pour le lendemain, le représentant de la sûreté régionale en informe Rabat avec un message laconique. Il signale que le défunt aurait un frère en Tunisie, qu’il «avait des sentiments francophobes» et que le tuteur de ses biens ne serait personne d’autre que le pacha de la ville, Thami El Glaoui. Cette succession de faits et de noms sonne l’hallali à la Direction des affaires indigènes de la Résidence générale, qui décide de faire poser des scellés sur la documentation du mort.
Informé du décès, le Résident général, Lucien Saint, intime l’ordre aux autorités françaises de Marrakech d’obliger les héritiers d’Abdelhakim de «[céder] à l’amiable les documents importants». Dans le cas contraire, il sera procédé à leur confiscation «par les voies de droit», menace-t-il. C’est qu’à Rabat, le disparu n’est pas un inconnu.

Par Adnan Sebti
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