Maroc-Iran : Ennemis intimes

La révolution iranienne de 1979 bouleverse les relations bilatérales entre le Maroc et l’Iran. Si ces dernières étaient excellentes grâce à l’amitié qui liait le Shah au roi Hassan II, elles vont sérieusement se dégrader en avril 1979. Retour sur une aversion devenue légendaire.

Le 16 décembre 2014, la nouvelle tombe à Téhéran. Le président Hassan Rouhani reçoit le futur ambassadeur de la République Islamique d’Iran à Rabat. Au Maroc, personne n’a encore été nommé pour rendre la pareille. Qu’importe, le signal de la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays est lancé. Ce réchauffement fait suite à une brouille survenue en mars 2009. A l’époque, Rabat avait pris l’initiative de rappeler son ambassadeur en poste à Téhéran sous prétexte de solidarité avec l’État du Bahreïn, après qu’un haut responsable iranien ait qualifié ce dernier de « quatorzième province iranienne ». Les autorités iraniennes s’étaient étonnées de l’ampleur de la réaction marocaine. Dans la foulée, un câble diplomatique américain, fuité par Wikileaks, expose une tout autre version : « Les Saoudiens ont mobilisé personnellement le roi Mohammed VI  (et non le gouvernement marocain, qui a été aussi surpris de la rupture que le reste du monde) dans sa stratégie globale d’opposition à l’influence iranienne ».
Aujourd’hui, la situation chaotique dans le Moyen-Orient vient redistribuer les cartes. Téhéran négocie avec les Occidentaux et les obsessions sécuritaires (hormis ceux d’Israël) ne sont plus dirigées contre la République islamique. Les gouvernements marocain et iranien profitent de l’accalmie pour renouer et réinstaurer des rapports plus cordiaux. L’actualité de ces relations est à l’image de l’historique entre les deux pays. Une succession de montagnes russes. Le pic de l’hostilité est atteint lors de la destitution du Shah en avril 1979 et se poursuit tout au long de la décennie 1980. Dans tous les domaines, l’aversion est franche. La guerre des mots fait rage. Tous les moyens sont bons pour opposer deux pays, deux cultures, deux doctrines religieuses rivales. Auparavant, l’histoire est tout autre.

La suite de l’article est dans Zamane N°50
Par Sami Lakmahri

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