Lumière sur le Croissant Noir

Le Croissant Noir est l’une des organisations de la résistance marocaine les plus médiatisées au cours des années 1950. Auteurs de plusieurs actions contre les intérêts coloniaux, ses membres sont connus pour leur radicalité sans réserve. Entre coups d’éclat, calomnies et règlements de compte, la mémoire du Croissant Noir demeure toutefois obscure.

« Non, nous n’étions pas des communistes. C’est un mensonge qui a traversé les âges ». El Haj Mehdi Enamoussi, l’un des rares témoins encore vivants, ancien membre du Croissant Noir, dément catégoriquement ce qui paraît pourtant comme une évidence dans la mémoire du Mouvement national. Plus de 60 ans après les faits, Enamoussi tient encore à justifier la sombre réputation du Croissant Noir, ourdie selon lui par ses ennemis de l’époque. L’histoire de cette organisation serait en effet indissociable du soutien idéologique et financier du Parti communiste marocain (PCM). On dit aussi que l’organisation n’aurait pas hésité à liquider ses rivaux parmi la résistance. De même, elle aurait contribué à alimenter l’anarchie et serait responsable du climat de terreur postindépendance en refusant de déposer les armes.
Toutes ces allégations, ajoutées à d’autres, maintiennent la brève histoire du Croissant Noir dans un flou mémoriel. Celle-ci débute, à l’instar d’autres mouvements de la résistance armée, au plus fort de la crise qui a commencé au début des années 1950 et s’est renforcée au lendemain de la déposition du sultan Ben Youssef par les autorités du Protectorat en août 1953. Une poignée de militants, déçus du processus politique général, décident de former un groupe clandestin.

Par Sami Lakmahri
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