Un outil populaire, une arme politique

Depuis sa genèse dans le Moyen-âge marocain, la question des chorfas a débordé de son cadre religieux pour devenir un enjeu de pouvoir éminemment politique.

Depuis la fin des Idrissides et la destruction de leur héritage, les derniers représentants de la dynastie chérifienne ont été condamnés à se “disperser” dans tout le pays et à errer, ainsi, des siècles durant. Leur retour en grâce ne s’est opéré qu’à l’arrivée des Mérinides. Ces derniers, et contrairement aux dynasties qui les avaient précédés (Almoravides et Almohades), en avaient besoin pour affirmer une légitimité longtemps contestée. Comment ? Les Mérinides ont commencé par emprunter aux Azfiyines de Sebta un réflexe alors nouveau : celui de célébrer l’anniversaire de la naissance du Prophète, plus connue par le nom d’Al Mawlid, et que les Sebtaouis pratiquaient depuis la moitié du XIIIème siècle. C’était une grande première dans l’histoire du Maroc. Et l’idée, tout de suite, remporta l’adhésion générale de la population, répandant ainsi la célébration d’Al Mawlid dans tout le pays.

La religion au service du politique
Les Mérinides ont donc adopté le réflexe et en ont revendiqué la paternité, dans le but de se rapprocher de la communauté, et de gagner une sorte de légitimité. La première célébration officielle a eu lieu en 1292, sous le règne du sultan Youssouf Ibn Yacoub. Le septième jour a eu, lui aussi, droit à une célébration sous le sultan Abou Said Othmane. Quant à Abou Inane, il a décidé de prendre en charge les célébrations à travers tout le royaume. Ce geste de récupération politique connut d’autres développements.

Par Mohammed Yassir El Hilali
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