Saïda Menebhi, martyre des années de plomb

Militante au sein du mouvement clandestin Ilal Amam, Saïda Menebhi a été victime de ceux qu’elle appelait les «dragons noirs» et des années de plomb. Jeune, douce, douée, elle vivait pour ses convictions et l’amour des siens, au point d’en mourir.

Khadija Menebhi pleure presque tous les jours, de puisplusieurs semaines. Depuis l’arrestation et l’emprisonnement de Sylia Ziani en fait, la jeune artiste qui a chanté le Hirak du Rif et qui vient de bénéficier d’une grâce royale. « Elle me fait terriblement penser à ma soeur, Saïda », dit-elle, le regard bleu embué par les larmes. Saïda Menebhi, militante au sein du mouvement Ilal Amam, humaniste surtout, arrêtée, torturée puis jetée en prison au cours des années de plomb et morte des suites d’une grève de la faim. Une martyre. Au lieu de la chanson, elle a raconté ces « années de terreur » -Khadija trouve que cette appellation convient mieux-, ses souffrances et ses combats en poésie. À travers des lettres aussi, qu’elle envoyait à sa famille, depuis sa cellule froide. Car l’histoire de Saïda Menebhi, c’est avant tout l’histoire de la famille Menebhi, une fratrie de six enfants (2 garçons, 4 filles) tous, excepté une car très jeune, convertis au militantisme politique et très fortement ancrés à gauche ; au communisme ou, plus précisément, au marxisme-léninisme pour ceux qui ont besoin de coller des étiquettes. C’est aussi l’histoire d’une époque, celle des utopies nées de l’indépendance, d’un monde bipolaire, de la décennie 1970 mais aussi d’un Maroc sombre, autoritaire et violent. Alors que Saïda, elle, rêvait de liberté.

Par Nina Kozlowski
Lire la suite de l’article dans Zamane N° 81-82

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