Au début du Xème siècle, un irrésistible mouvement ambitionne de contrôler l’ensemble de l’Afrique du Nord, et peut-être davantage. Mais pour cela, les Fatimides espèrent vaincre leurs rivaux Omeyyades. Le Maroc se retrouve alors au centre de dangereux tirs croisés. Comment s’en est-il finalement sorti ?
Difficile de dissocier la glorieuse ville du Caire de ses fondateurs. La cité impériale égyptienne est rapidement devenue une vitrine de la puissance fatimide en s’imposant comme l’une des plus éclatantes du bassin méditerranéen au Moyen Âge. Pourtant, faire du Caire leur capitale n’était pas dans les plans initiaux des portes drapeaux de l’islam chiite.
Implantés dans un premier temps au centre de l’Afrique du Nord, les Fatimides, en lutte avec les Omeyyades d’Al Andalus, espéraient bien devenir les maîtres de l’Occident musulman, donc du Maroc. Fès aurait donc tout à fait bien pu devenir le fief d’une redoutable et nouvelle dynastie arabe. Dans cette optique, les Fatimides auraient sans doute fini par traverser le détroit de Gibraltar et porter l’estocade à leurs rivaux d’Al Andalus. Avec cet exploit hypothétique, c’est non seulement l’histoire de la région qui aurait été chamboulée, mais aussi celle de l’Islam dans son ensemble. Le rapport de force entre sunnites et chiites aurait, en effet, été tout autre.
Mais, qui sont donc ces hommes venus faire planer une telle menace sur le Maroc et sa région à l’aube du second millénaire ? Et pourquoi ont-ils finalement échoué à s’imposer comme le califat dominant avant de se replier tout à l’Est, en Egypte ?
Par Sami Lakmahri
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Aucun pays musulman ou Arabe n’a échappé aux dominations étrangères ou juives, notamment les monarchies judéo-arabes, l’ Egypte, la Turquie ou Pakistan. De plus ils sont relativement « indépendants » sous contrats ou protectorats (à l’exception de l’Algérie, indépendante par la guerre). Le Maroc n’a jamais été un pays libre même en remontant à l’antiquité (à l’exception de la République du Rif, qui a durée quelques années)